Le 23 octobre 2004 À Madame Linda SALMA Inspectrice d’Académie Inspection Académique des Landes 5 avenue Antoine Dufau BP389 40012 Mont-de-Marsan Cedex
Madame l’Inspectrice,
Permettez-moi de venir vous faire part de notre vive inquiétude en apprenant qu’une fois encore la corrida utilise des moyens détournés pour s’assurer le soutien des établissements scolaires et par voie de conséquence l’embrigadement de la jeunesse. En effet, dans le cadre de la "XXème semaine taurino-culturelle", les enfants des écoles de la communauté de communes de Saint-Sever seront invités à peindre des petits " toros " (taureaux) qui seront ensuite exposés, l’argument étant que la tauromachie au sens large fait partie de leur environnement culturel. Nous savons que l’être humain n’en est pas à un paradoxe près mais il est tout de même curieux d’admettre une pratique cruelle au simple prétexte qu’elle s’est pérennisée dans un espace donné. Faire œuvre cognitive est une chose, faire œuvre propagandiste en est une autre. Rappelons ici qu’à l’appel des Prix Nobel de la Paix et confiée à l’UNESCO, l’ONU a déclaré les années 2001-2010 "Décennie de la culture, de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde". Tous les niveaux du système éducatif français, dès l’école maternelle, sont donc invités à travailler en ce sens en mettant en place des outils et des méthodes pédagogiques adaptés. Par ailleurs, nous tenons également à rappeler ici cette déclaration de la LFDA dans les locaux de l’UNESCO à Paris le 15 octobre 1980 : " la tauromachie est l’art scélérat et vénal de torturer et de mettre à mort des animaux selon des règles, dans la légalité et en public. Elle exalte les plus bas instincts de l’homme, elle traumatise les enfants et les adultes sensibles, elle aggrave l’état des névropathes attirés par ce spectacle, elle dénature les rapports entre l’homme et l’animal, elle est une fête de la douleur et de la mort. En cela, la tauromachie constitue un défi majeur à la moralité, à l’éducation, à la science et à la culture. "
En conséquence, il nous paraît de la plus haute importance de prendre les mesures souhaitables afin d’éviter une banalisation de la violence. L’on entend de toutes parts s’élever des voix pour condamner cette même violence, il est donc grand temps de rapprocher les paroles des actes.
Vous souhaitant bonne réception de la présente, veuillez croire, Madame l’Inspectrice, en l’assurance de nos sentiments respectueux.
Pour la F.L.A.C La Présidente Josyane QUERELLE









