Après la libération des militants emprisonnés début septembre, nous sommes tous retournés vaquer à nos affaires. Ils restaient mis en examen, mais la pression médiatique était telle dans un contexte de campagne électorale qu’ils étaient intouchables. Les élections sont passées, les conservateurs ont gagné, les projecteurs se sont éteints. Alors la machine à écraser la protection animale s’est tranquillement remise en marche.
Dès le 30 septembre, une nouvelle descente de police avait lieu chez l’un des 10 ex-prisonniers. Aujourd’hui, on apprend que la même opération s’est produite chez un simple adhérent de VGT. On apprend surtout surtout que le système judiciaire vient de confirmer, par une décision de la Cour Suprême, la légalité de la mise en détention provisoire des 10 militants, et le bien-fondé du soupçon de former une organisation criminelle au sens de l’article 278a du code pénal. Voir le message de Martin Balluch reproduit à la fin de ce texte.
Dans ce contexte, je me permets de renouveler l’offre d’emploi publiée dans un précédent message. Les Autrichiens vont, je le crains, avoir besoin à nouveau de la solidarité internationale. Qui peut me remplacer dans le rôle d’intermédiaire entre la liste internationale "Freedom" et les listes francophones ? Ce serait seulement jusqu’en... juillet prochain. Avant, je ne vais pas pouvoir suivre.
Estiva
Message de Martin Balluch Traduction d’un message posté par Martin Balluch sur la liste internationale Freedom_for_Austrian_Activists( at )yahoogroups.com le 26 octobre 2008 à 10h15.
**** Une autre opération policière vient d’avoir lieu en Autriche. Elle a frappé une personne qui n’a participé qu’à quatre manifestations dans sa vie, et dont l’activité militante se limite à soutenir l’association VGT par des dons. Cette personne a été interrogée par la police et intimidée ; sa maison a été fouillée, ses ordinateurs (fixe et portable) saisis.
Les militants emprisonnés avaient déposé un recours en appel auprès de la Cour suprême. Celle-ci a rendu son verdict : elle juge que la détention provisoire était justifiée. La Cour déclare que, d’après les éléments de preuve réunis, il est clair qu’il existe une vaste organisation criminelle active, et que les personnes qui étaient en détention provisoire doivent être soupçonnées d’en faire partie. La Cour suprême dit explicitement :
que les échanges de courriels sur des listes de discussion fermées fournissent l’infrastructure de l’organisation criminelle,
qu’encrypter des messages électroniques et utiliser des téléphones anonymes indique une intention criminelle,
que menacer une entreprise par une campagne légale, même de façon polie, alors que des délits ont été commis lors d’autres campagnes contre d’autres entreprises, constitue déjà un recours au chantage,
que le fait qu’une entreprise cesse de vendre de la fourrure après avoir été démarchée par des groupes de droits des animaux est le signe d’une activité criminelle, car aucune entreprise n’aurait pris une telle décision sans se sentir l’objet d’une intimidation criminelle, c’est-à-dire sans avoir été terrorisée.
Certains juristes considèrent qu’après cette décision de la Cour suprême, il est impossible qu’une personne mise en examen au titre de l’article 278a du code pénal puisse jamais être déclarée non coupable. On peut supposer que ce verdict représente la décision finale ; il signifie qu’il y a en Autriche UNE SEULE ET UNIQUE VASTE ORGANISATION CRIMINELLE, RESPONSABLE DE TOUTE ACTION DÉLICTUEUSE susceptible d’être liée à la question animale.
Avez-vous jamais entendu des propos plus grotesques ? Et c’est au nom de cela qu’actuellement 27 (!) personnes sont sous la menace de condamnations à des peines de prison pouvant aller jusqu’à 5 ans !
Si elles étaient déclarées coupables, les entreprises pourraient engager des poursuites contre elles pour les dommages subis et l’association VGT pourrait être dissoute.









