"Vous savez que les bêtes rentrent toujours par derrière dans les abattoirs. Il ne faut surtout pas qu’on puisse les voir trembler,de la rue,ni gueuler leur peine,ni se prendre des coups de pied au cul quand elles refusent d’avancer Les veaux savent ;dès qu’ils arrivent à l’abattoir,ils savent. Ils pissent et chient de peur,les yeux exorbités.Impossible de les raisonner. Ils pleurent,trébuchent et tremblotent en cherchant à se sauver,au grand dam des bouviers qui peinent à les canaliser dans les couloirs de circulation Vous n’éprouvezrien,ni peine,ni pitié,ni dégoût,vous n’avez pas le mondre sentiment de culpabilité,quand vous assassinez vos bêtes,vous vous sentez aussi innocent que l’agneau qui vient de naître. Vous tuez ,tranchez sans état d’âme,avec de la rigueur et du professionnalisme Vous avez déplacé les abattoirs loin des habitations pour n’être pas dérangé par les mauvaises odeurs ou par les beuglements qui troubleraient votre digestion Vous vous êtes arrangé pour que la " viande " perde,à la découpe, son apparence d’origine. Il ne faut surtout pas la reconnaître. C’est ainsi que les bouchers d’aujourd hui hachent,tranchent et saucissonnent.Cachez ce sang que je ne saurais voir : voilà bienla dernière tartufferie de la civilisation en marche "
Merci dix mille fois à Luce Lapin de dénoncer ce scandale ;un jour,mais avec beaucoup de temps de temps et de temps,les consciences s’eveilleront et auront honte d’avoir perpetré ces crimes abominables. Luce,je vous embrasse de tout mon cour et merci
Pascale
Post ScriptumDes phrases de cette lettre sont extraites du livre ’L’abatteur’ de Franz-Olivier Giesbert.
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