Le 11 mars 2000, un colloque sur le thème « Éthique et Invertébrés » s’est tenu à la faculté de médecine de la Pitié-Salpêtrière, à l’initiative de la Ligue Française des Droits de l’Animal [LFDA - 39, rue Claude-Bernard - 75005 Paris - 01 47 07 98 99 - league-animal-rights.org]. Les actes du Colloque ont été récemment publiés dans un numéro spécial de la revue Sciences et techniques de l’animal de laboratoire. Jean-Jacques Barloy, dans le bulletin de janvier 2003 de la LFDA (n°38, p.5), profite de cette parution pour expliquer que les invertébrés, aussi, doivent être protégés. Extraits :
« Suzanne Antoine, comme juriste, Georges Chapouthier, comme neurophysiologiste, et trois spécialistes des invertébrés avaient pris part à ce Colloque. Jean Génermont, professeur émérite de l’université Paris-Sud, a présenté un exposé sur la diversité des systèmes nerveux de ces animaux. Raymond Chichery, professeur à l’université de Caen, a montré la complexité du cerveau des céphalopodes [pieuvres, seiches, calmars] et leurs étonnantes capacités psychiques. Georges Pétavy, maître de conférences à l’université Paris-Sud à Orsay, a développé ses arguments sur la douleur et la souffrance des arthropodes [insectes, crustacés, etc.].
Le Colloque avait été conclu par Jean-Claude Nouët, qui n’a pas mâché ses mots : "Si les cas des spongiaires [éponges], des méduses, des lamellibranches [huîtres, moules, etc.] peuvent être discutés, il n’est plus ni scientifiquement ni éthiquement admissible que le calmar, la seiche, la crevette, la langoustine, la blatte, le hanneton, l’araignée, soient découpés vivants au mépris de leur douleur."
(…) Jean-Claude Nouët a rappelé qu’en 1985, à Strasbourg, il avait exhorté les députés européens à ne pas oublier les invertébrés, éliminés du projet de directive [directive européenne 86/609 sur l’expérimentation]. Et il s’était heurté à un refus.
(…) Les invertébrés sont les grands oubliés du mouvement de défense des animaux : ils sont élevés, consommés, détenus, empoisonnés, soumis à des expériences, sans que leur sort ait, jusqu’ici, ému grand monde. Aussi ce Colloque doit-il faire date. Et il est remarquable et réjouissant que des scientifiques de haut niveau se préoccupent du sort des invertébrés utilisés dans les laboratoires, notamment les insectes, arachnides, crustacés et mollusques céphalopodes.
Enfin, n’oublions pas que le respect dû à ces animaux faussement considérés comme "inférieurs" ne se limite pas aux problèmes d’expérimentation. Pensons à ce réflexe trop fréquent chez nos contemporains d’écraser systématiquement le petit insecte qui traverse le sentier ou l’araignée aperçue sur le mur. Et la cruauté des attrape-mouches de naguère (…) »
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