
Le Botox : il tue les rides…
La toxine botulique, l’ingrédient principal du Botox Vistabel®, est un des poisons les plus puissants que l’on connaît en science. Il est évidemment indispensable que ce produit soit sécurisé avant d’être mis sur le marché et afin d’assurer son efficacité. C’est ce qui a été fait. Une méthode très fiable, conçue par un laboratoire reconnu par le gouvernement britannique (le NIBSC, Institut national des standards et des contrôles biologiques), a été mise au point en 1999. Important : elle n’utilise pas d’animaux pour tester ce produit. Depuis donc exactement dix ans — dix ans déjà… —, les labos ont la possibilité d’exploiter et de vendre le Botox (source de grands profits pour l’industrie pharmaceutique) sans recourir aux animaux. Doit-on aller jusqu’à dire que « c’était trop beau » ? Probablement, puisque cette méthode n’est pas utilisée par le groupe international Ipsen, qui, bien qu’au courant de l’existence d’une méthode alternative, teste cette dangereuse toxine sur des milliers de souris.
… mais d’abord les souris
Pour le docteur vétérinaire André Ménache, directeur d’Antidote Europe, le fait que des compagnies comme Ipsen n’aient pas recours à cette méthode est un scandale, vu la cruauté des tests effectués sur les souris : « Une fiole contenant un millilitre de toxine botulique tuera 500 souris. Le produit est injecté dans l’abdomen de chaque souris, et on attend trois à quatre jours, le temps pour les muscles respiratoires de se paralyser, jusqu’à ce que la moitié des souris succombe. Seul l’appui du consommateur fera changer les choses. » Le 26 août dernier, André Ménache a envoyé un courriel à Didier Véron, directeur d’Ipsen en France (Boulogne-Billancourt), afin de lui demander pourquoi il n’utilisait pas cette méthode substitutive. À ce jour, toujours aucune réponse. Autre test, celui de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) sur les huîtres, contesté par les ostréiculteurs : combien de souris a-t-on sacrifiées pour rien, puisque, d’une part, elles meurent de toute façon 24 heures après qu’on leur a injecté la « mixture », et que, d’autre part, les huîtres continuent d’être consommées malgré l’interdiction ?
• À la tête d’Antidote Europe, deux scientifiques opposés à l’expérimentation animale pour raison de santé… humaine : Claude Reiss, président, ex-directeur de recherche au CNRS, et le Dr Ménache, pour lesquels « aucune espèce n’est un modèle biologique fiable pour une autre ». 25, rue Jacques-Callot, 66000 Perpignan, tél. : 04 68 80 53 32, adhésion : 15 euros.
• « L’expérimentation animale, un mal nécessaire ? » Sûrement pas ! J’espère vous rencontrer à la conférence donnée par André Ménache et Florence Burgat, philosophe, jeudi 24 septembre à 19 heures, à la Maison des associations, salle Tilleul, 10-18, rue des Terres-au-Curé (M° Olympiades), Paris XIIIe. Retrouvez André Ménache les 3 et 4 octobre à Mers-les-Bains (dans la Somme) au Festival Cœur de faune, ainsi qu’un animateur d’International Campaigns. Vivre éthique y tiendra un stand de sensibilisation aux droits des animaux du 1er au 4 octobre.
• À ADOPTER. Le très gentil ROBIN, 7 ans, persan, roux, yeux cuivre, viré « pour cause d’enfant » (Paris XVe, 06 08 30 80 30).
• La Chasse à l’épreuve de l’éthique, Gérard Condorcet, « La Puce de la semaine ».










