
« Le Scandale de l’animal business »…
À huit ans déjà, elle ne comprend pas comment sa grand-mère, une femme si douce qu’elle adore, peut prétendre aimer les animaux et porter un manteau de fourrure. Inventive et protectrice en herbe, elle expérimente les boules de chewing-gum, préalablement et consciencieusement mâchées et remâchées. Sur la fourrure, c’est radical : ça colle, colle ! Ses actions futures seront guidées par ce qu’elle ressent pour les animaux : « Je n’y peux rien, c’est comme ça. » Caroline Lanty, qui compte parmi les administrateurs de la SPA depuis 2005, a été présidente nationale de la Société protectrice des animaux (Paris) de fin 2006 à fin 2008. Boulimique (de boulot), surdouée, elle a (déjà) publié un bouquin, Le Scandale de l’animal business (Éditions du Rocher), en mai dernier. « Ça commence comme un mauvais polar. » Et elle n’a pas fini de poursuivre les assassins. Sans concessions envers les animaleries, les trafics d’animaux, chiens et chats, la loi « bâclée » sur les chiens dits « dangereux », le laxisme, voire la lâcheté des différents gouvernements — et plus particulièrement des ministères de l’Agriculture et de l’Intérieur —, des politiques en général, de la DSV (la fameuse Direction des services vétérinaires).
… ou comment on fabrique la misère animale
Trafic de chiens, c’est « des box sales, humides, sans lumière du jour, couverts d’excréments, des écuelles sales et vides, des chiots aux yeux purulents, des femelles condamnées à vie à produire deux portées par an, parfois trois […]. Avec 200 euros de coût de revient pour un chiot vendu de 1 000 à 1 500 euros […] ». Ce bouquin — dont les bénéfices seront reversés à des associations de protection animale — est une première. Il rend également hommage à l’indispensable CAT, Cellule antitrafic de la SPA. Cette grande association est la seule à lutter réellement et efficacement contre ces trafics. Plus que jamais, il est indispensable d’adopter plutôt que d’acheter. Avocate, Me Lanty défend actuellement L214 (http://www.l214.com) et la SNDA (Société nationale pour la défense des animaux, http://www.snda.asso.fr), qui ont porté plainte conjointement contre un élevage de poules pondeuses en batterie en Bretagne pour cruauté envers les animaux. Tout comme Caroline Lanty, je suis persuadée qu’un jour la protection animale sera un enjeu politique, électoral. Qu’ils seront nombreux, ceux qui rechignent encore aujourd’hui, sous le prétexte éhonté de « tradition » et de peur de « perdre des voix », à signer, vite, nos pétitions pour l’abolition de ces infamies que sont la chasse à courre et de la corrida, et que le bien-être animal dans sa totalité sera un des thèmes majeurs de leur campagne. Un jour. Mais qu’ils se dépêchent donc de le comprendre enfin…
• SPA
• CACC, Collectif pour l’abolition de la chasse à courre
• CRAC Europe, Comité radicalement anticorrida
• Droits des animaux et le Hunt sabotage
• Interview de C. Lanty sur les cirques : http://www.charliehebdo.fr, « La Puce de la semaine » (rubrique « Divers »). Et la « Puce » de cette semaine : non aux corridas à Mimizan le 5 août !
Luce Lapin










