
Abattoirs en Europe : des mesures…
Lundi 22 juin, les ministres européens de l’Agriculture ont adopté un nouveau règlement destiné à renforcer les exigences en matière de protection des animaux lors de leur abattage. L’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) est l’autorité scientifique servant de référence à la Commission européenne pour bâtir des propositions réglementaires. L’amélioration concernait, entre autres points, l’accrochage des poulets, poules, dindes, etc., par les pattes, tête en bas, sur des chaînes automatisées, avant de les étourdir, manipulation cause de stress et de douleur. De nombreux oiseaux, mal positionnés sur les chaînes, échappent à l’anesthésie, et arrivent sous les lames automatiques en pleine conscience. Pour ce qui est de l’abattage rituel des bovins, ovins et volailles, pratiqué sans étourdissement préalable, des systèmes d’étourdissement réversibles avaient été proposés afin d’être en accord avec les exigences des divers rites religieux. Le dioxyde de carbone employé pour l’étourdissement des porcs, provoquant souffrance et détresse, était jugé inacceptable par l’EFSA, ainsi que l’asphyxie au monoxyde de carbone, issu des gaz d’échappement d’engins à moteur, pour les animaux à fourrure, et l’électrocution anale pour les renards et les chinchillas.
… pour faire comme si
Conclusion ? À quelques améliorations près, on prend les mêmes méthodes et on continue ! « Malgré des solutions techniques existantes pour mettre un terme à toutes ces pratiques préjudiciables aux animaux », explique Johanne Mielcareck, chargée de campagnes à la PMAF (Protection mondiale des animaux de ferme), aucune mesure visant à réellement améliorer les conditions d’abattage annuel dans l’Union européenne n’a été retenue. Seule « avancée », indique Johanne : « Les “tueurs” devront désormais suivre une formation [mais des dérogations sont déjà prévues…], tandis que les établissements d’abattage seront tenus de mettre en place des procédures standardisées et les fabricants de matériel de fournir des instructions d’utilisation ! De bonnes résolutions... mais rien d’une révolution. » Quant aux vétérinaires officiels : « On aurait aimé que leurs responsabilités soient réaffirmées et accentuées, mais le texte semble avoir omis de rappeler ce rôle essentiel. »
• PMAF, 8 ter en Chandellerue, BP 80242, 57006 Metz, Cedex 1, tél. : 03 87 36 46 05. Adhésion : 25 euros.
• N. B. Aussi impensable que cela puisse sembler : les abatteurs ne suivent aucune formation pour tuer… Ils apprennent « sur le tas », si je puis dire. J’imagine que certains sont plus ou moins « doués ».
• Je découvre le papier de Cavanna (p. 10) après avoir écrit le mien : on ne s’est pas concertés…
• Cher François, je ne me sers jamais du four, ça consomme trop d’énergie, c’est mauvais pour la planète. Ça tombe bien, le lapin que je suis préfère les carottes crues. Pour le reste, je compte sur mes lecteurs pour t’envoyer trois tonnes de courrier afin de t’expliquer que si les végétariens ne mangent ni viande ni poisson (ne pas oublier les poissons), ce n’est pas pour la symbolique. Contrairement à ce que tu sembles croire, légumes et céréales ne détruisent pas les neurones…
• Super-courriers dans « La Puce de la semaine » sur http://www.charliehebdo.fr
Luce Lapin









