
Corrida : Guillaume Durand voulait un plateau…
L’enregistrement de « L’Objet du scandale », diffusé le 5 avril sur France 2 — chaîne du service public… —, a eu lieu mardi 31 mars. J’écris ce samedi 4 avril, je n’ai donc pas vu le montage. Je ne vais pas vous raconter ce qu’il s’est déroulé, mais ce qu’on ne vous dira pas. Car il y avait un Lapin dans le public…
L’appel atterrit, quelle chance, dans mon bureau. Les organisateurs souhaitent inviter Philippe Val (1), absent à cette date. Je propose Élisabeth Hardouin-Fugier, historienne de l’art, et Bernard Maris, notre Oncle Bernard (voir p. 6). Acceptés. J’informe Jean-Pierre Garrigues, vice-président du CRAC Europe, qui, en tant qu’enseignant, souhaite témoigner du prosélytisme exercé par les aficionados dans son établissement, ce qu’il explique dans un mail à la production. Le prof écope d’un 0 sur 20. Côté « contre » s’ajoutent Francis Lalanne, Laurent Baffie et la vétérinaire Marie-Claude Bomsel — elle ne les lâchera pas sur la souffrance animale, qui aurait dû constituer le véritable « objet du scandale ». En fin d’émission, Pierre Sterckx, professeur et critique d’art.
Claire Starozinski, fondatrice de l’Alliance Anticorrida, est également récusée par André Viard, président de l’Observatoire national des cultures taurines. Extraits d’un courriel que M. Viard a envoyé aux fondateurs de l’Observatoire : « Nous avons expliqué […] que nous n’avions aucun intérêt à participer à un débat violent face aux habituels représentants des associations anti taurines […]. Nous avons donc obtenu […] qu’aucune ne soit invitée, ce qui, d’un point de vue stratégique, constitue une grande victoire. » Suit la liste des invités, pas encore close : « Plus un quatrième intervenant “contre”... qu’on nous a demandé de proposer (!). »
1. La production finira par me dire que, « finalement, Philippe Val n’aurait pas convenu » ! Trop « violent » ?
… en habit de lumière
Le plus grave, c’est l’annulation de la présence de l’écrivain Christian Laborde, jugé trop « violent », initialement invité à l’occasion de la sortie de son livre, Corrida, basta ! (Éditions Laffont), le 9 avril. Et ce, afin de contenter André Viard, qui peint « avec le sang des taureaux », Simon Casas (grand ami de Sarkozy), directeur des arènes de Nîmes, Marie Sara, ex-torera à cheval, éleveuse de taureaux « de combat » (comme elle dit), Philippe Caubère, Philippe Wolff, philosophe, et le torero Julien Lescarret (1). Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté devant France Télévisions le jour de l’enregistrement.
1. Avec lequel Jérôme Bonaldi, dans le rôle du taureau, se livrera à une lamentable démonstration de « toreo de salon », censée être « drôle ».
• « J’ai été chasseur, pêcheur, maintenant, je suis torero. J’aime les animaux » (Julien Lescarret). « Le taureau en mourant nous signifie que nous sommes mortels. On est dans un phénomène de transfert au point de vue analytique » (Simon Casas, dans un transfert de philosophie de bas étage). « On a le droit de tuer un animal pour la beauté du geste » (Philippe Caubère). « J’aime mes animaux » (Marie Sara). Un extrait de Corrida, basta ! sur www.charliehebdo.fr , « La Puce de la semaine ».
Luce Lapin









