
Ils ont (encore) vendu la peau de l’ours
Les mamans ourses n’apprennent plus rien à leurs enfants. La mère de Franska, morte en août 2007, percutée par une voiture, ne lui avait pas enseigné le code de la route (« Puces » n° 791 du 15/08/07). Celle de Balou, récemment blessé par un chasseur qui l’a confondu avec un sanglier, ne lui a pas expliqué comment choisir ses copains. Car, si on a le droit de massacrer les sangliers — ça ne révolte personne, ou presque —, les ours, c’est autre chose : ils sont « espèce protégée », ou « menacée ». Ça veut dire qu’on en a tellement trucidé qu’il n’y en a plus assez, alors, attention ! C’est défendu de leur tirer dessus — du moins, en principe. On est bien peu de chose, hein ! Surtout eux. Pour moi, il n’y a pas d’animaux plus prestigieux que d’autres — j’en profite au passage pour prendre la défense du vulgaire pigeon, régulièrement mal considéré, contre le « noble » rapace. Un sanglier égale un ours. Je ne veux pas non plus qu’on les tue… Je l’ai déjà dit, je suis, tout comme Cavanna, contre la réintroduction d’ours, de loups, de lynx, ou de quelque espèce animale « en voie de disparition ». Mais s’il n’y a plus d’ours dans les Pyrénées ? Eh bien, tant pis, et peut-être même tant mieux.
Des joujoux pour les chasseurs
Je préfère que les ours disparaissent de chez nous plutôt que, pour conserver l’espèce, ils courent le risque d’être abattus. L’individu plutôt que l’espèce : l’individu est de chair, l’espèce est un symbole. Je me fous de l’espèce. Les symboles ne souffrent pas. S’il n’y a plus naturellement d’ours dans les Pyrénées, c’est parce que les hommes y ont rendu les conditions de vie impossibles pour eux. Qu’est-ce qu’on va aller les « réintroduire » de force ? Pour faire beau dans le paysage ? Pour faire plaisir aux touristes, que ça fasse « couleur locale » ? En Slovénie, ils sont 500 individus, m’objecte-t-on — et alors, c’est une raison pour les sacrifier ? —, et on y pratique la chasse à l’ours. Alors on va les chercher là-bas. Pour repeupler notre chez-nous, où on n’en compte qu’une vingtaine. C’est d’ailleurs le principal argument pour justifier le fait qu’on les déracine pour les balancer dans une forêt inconnue, dans un milieu hostile et violent, loin de leur Slovénie natale, après les avoir anesthésiés, mis en cage et trimballés dans une voiture durant plus de 1 000 km. Ça suffit, les mauvaises raisons : en France aussi ils sont chassés… et tués. Qu’on commence par abolir la chasse, sous toutes ses formes. Et que les bergers veillent sur leurs moutons. Je rêve d’un monde où tous les animaux seraient déclarés « espèce protégée ». Utopie. Je sais.
• TRÈS URGENT. SOS pour le refuge de Salbris (41), en très grande difficulté. La DSV (Direction des services vétérinaires) demande d’en réduire le nombre de chiens et de chats. Menacés, en tout premier les plus âgés. Besoin d’argent, de nourriture, de litière. Adoptez les vieux ! Et aussi les jeunes… Mme Esparghilé, directrice, tél. : 02 54 97 29 18, 06 70 20 08 23.
Luce Lapin









