Corrida portugaise : l’hypocrisie en plus…
Les corridas ne vivent que grâce aux touristes, français ou étrangers, qui s’y rendent « pour voir ». Nombreux sont ceux qui, écœurés et révoltés par ce spectacle d’un autre âge, n’y retourneront jamais. Malheureusement, cette unique fois contribue à alimenter la manne financière des organisateurs, s’ajoutant, dans les villes taurines, soit quelque 70 villes et villages en France, à l’argent pris aux contribuables, sans qu’on leur ait demandé leur avis.
Bien sûr, vous savez tout cela et ne vous en laisserez pas conter. Mais peut-être vous laisserez-vous convaincre d’assister à une corrida portugaise, puisque, vous assurera-t-on pour vous décider, la portugaise, ou tourada, se déroule sans mise à mort dans l’arène. Vrai, mais une façon détournée de déformer la réalité.
… et la mort en douce
La portugaise, de plus en plus à la mode en France, c’est la corrida version light — c’est du moins ce qu’on voudrait nous faire accroire. Tout comme pour la corrida traditionnelle, les taureaux y subissent préalablement l’afeitado, qui consiste à leur scier les cornes à vif. Le public y est supposé encore plus familial… Ce que voient les enfants : un cavalier plante des farpas (banderilles à double harpon) sur le dos du taureau. Quand l’animal, profondément blessé, est épuisé par le sang perdu, huit hommes, les forcados, entrent en piste et l’immobilisent. Ça, oui, le taureau sort effectivement vivant de l’arène… mais dans quel état ! Ce qu’ils ne voient pas : le taureau est ensuite amené dans les coulisses, où, dans le meilleur des cas, si je puis dire, il est achevé à coups de poignard. Le plus souvent, il agonise jusqu’au lendemain en attendant l’ouverture de l’abattoir. C’est beau, le « sens de la famille », qui consiste à emmener ses petits assister à la mise en scène d’un herbivore magnifique torturé par des brutes machistes vêtues du ridicule « habit de lumière », que ses tortionnaires prétendent « aimer », au nom d’une « tradition » et sous un pseudo-alibi « culturel ».
• Les laboratoires Virbac, qui commercialisent des médicaments pour animaux, donc apparemment soucieux de la santé animale, parrainent une émission procorrida à la télévision portugaise. Scandaleux, toujours, surprenant, malheureusement, jamais…
• Grand rassemblement, organisé par la FLAC (Fédération des luttes pour l’abolition des corridas, http://www.flac-anticorrida.org, tél. : 06 60 15 02 13), à Bayonne le 2 août à 17 heures devant les arènes, avec la participation du CRAC (Comité radicalement anticorrida).
SOS chats
Le Club de défense des animaux du XIIe arrondissement de Paris vient de sauver une dizaine de chats adultes et de chatons maltraités. L’un d’eux a un œil très abîmé. Des familles d’accueil sont recherchées de toute urgence, ainsi qu’une aide financière et d’éventuelles adoptions. Et on vient tout juste de leur signaler (vendredi) un carton rempli de chats, déposé en pleine rue…
• CDA, 181, av. Daumesnil , Paris XIIe, chèques au nom de CDA 12. Tél. : 01 43 76 47 07, 06 82 95 65 39, www.cda-paris12.com
Luce Lapin
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