Animauzine, militer pour les animaux
15 mai 2008
Par lucelapin
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Les Puces de Luce Lapin n°829

Charlie Hebdo du 7 mai 2008 (p.14)

Vivisection : envers…

L’expérimentation animale est de plus en plus remise en question. Bien qu’ayant reçu l’AMM (autorisation de mise sur le marché), des médicaments sont régulièrement retirés de la vente, car inefficaces, voire, pour certains, carrément dangereux. Entre autres exemples : retrait du Vioxx, anti-inflammatoire, du Prexige (Suisse), antidouleur, de l’Agréal, traitement contre les effets de la ménopause, de l’ADX 10061 (Suisse), utilisé pour l’arrêt du tabac, du Silomat, antitussif (AMM datant de 1964…), etc. Et on lit maintenant couramment ce genre de phrases, qui ressemblent fort à un aveu de la part des scientifiques : « Les produits pharmaceutiques ne fonctionnent en moyenne que sur la moitié seulement des malades » (interro_liens_callback), « une quarantaine de vaccins candidats se sont montrés efficaces chez les […] rongeurs de laboratoire, mais inefficaces chez l’homme », « près de 90 % de la recherche ne représentent pas la réalité de terrain du paludisme humain », « ce qui marche in vitro, ou in vivo chez l’animal expérimental, ne se vérifie pas forcément chez l’homme » (http://www.la-croix.com, 27 avril, à propos de la recherche contre le paludisme).

… et contre toute raison

Pourquoi, dès lors, ne développe-t-on pas plus les méthodes substitutives, jusqu’à ne plus sacrifier aucun animal ? Pour Claude Reiss, président d’Antidote Europe, « la pérennité de l’utilisation du “modèle” animal résulte de la succession de trois étapes : une volonté politico-économique, qui en donne mission à l’administration de la recherche, qui à son tour organise la hiérarchie des laboratoires en conséquence. Au niveau politico-économique : la loi (qui date de l’âge des cavernes de la science) exige qu’un médicament ou un produit chimique soit testé sur des animaux, en contrepartie de l’exonération des responsabilités en cas de pépin. Parfait pour les lobbies industriels, car, en choisissant l’espèce, la lignée dans l’espèce et le protocole expérimental, on peut “prouver en toute bonne foi” qu’un produit est sans danger, ou au contraire très toxique. Si le produit ne présente pas de toxicité aiguë, mais fait des dégâts au long terme (rein, foie, cancer, démence), ce sera à l’industrie pharmaceutique d’intervenir… ». « Non seulement on prend la vie d’animaux qui n’y sont pour rien, mais on empêche la prévention et le progrès médical en se promenant sur les fausses pistes du modèle animal, gaspillant temps et argent dont on aurait rudement besoin pour faire une recherche digne de ce nom, rationnelle et logique. »

• Claude Reiss, biologiste moléculaire, fut directeur de recherche au CNRS durant quarante ans. Antidote Europe, 25, rue Jacques-Callot, 66000 Perpignan, tél. : 04 68 80 53 32, site : http://www.antidote-europe.org Adhérez ! C’est 15 euros.

Luce Lapin

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