
Combats de coqs : en Belgique, la mort n’est plus un spectacle
Le gagnant du concours de la semaine dernière est… Sébastien Arsac (1) ! Le 29 janvier, les cinq organisateurs de combats de coqs, interdits depuis 1929 (« Puces » n° 816), de Saint-Trond (Flandre, Belgique) ont été condamnés chacun par le tribunal de Hasselt à une amende de 2 750 euros et à une interdiction définitive de possession de coqs, improprement qualifiés « de combat ». L’association GAIA, à l’origine de la plainte, et qui s’était constituée partie civile, s’est vu allouer 1 euro à titre de dédommagement moral. « Le tribunal a ainsi démontré très clairement que de telles cruautés illégales ne pouvaient pas être tolérées », a déclaré son président, Michel Vandenbosch.
1. Président de Stop Gavage (www.stopgavage.com) et L214.
• Site de GAIA (Groupe d’action dans l’intérêt des animaux) : www.gaia.be
Cocorico ? En France aussi les mauvais traitements aux animaux sont punis par la loi — article 521-1 du Code pénal. Leurs tortionnaires risquent une amende de 30 000 euros et deux ans d’emprisonnement. Elle est très bien, cette loi. Sauf qu’il suffit d’un alinéa, aujourd’hui le 71, à cet article pour autoriser sévices graves et actes de cruauté sous couvert de « tradition locale » : la corrida dans le Sud, les combats de coqs dans le Nord. Préparation des taureaux, avec, entre autres douceurs, le cruel et douloureux afeitado, qui consiste à scier les cornes à vif. Préparation des coqs, maintenus dans l’obscurité avant le combat, confinés ensemble dans un espace réduit — une situation de stress éprouvante.
1. Anciennement alinéa 3, puis 5.
La France du sous-sol
Les coqs pèsent entre 4 et 5 kg, 6 au maximum. On les « équipe », afin que le combat soit le plus sanglant (pour le « spectacle », bien sûr) et le plus douloureux possible. Et mortel. Armés d’éperons —piques de 5 cm qui se substituent à l’ergot scié —, ils combattent durant environ six minutes. Les coqs perdants sont égorgés « à l’égouttoir » (sorte d’entonnoir dans lequel on suspend le coq blessé la tête en bas), le plus souvent à l’abri des regards — mais pas toujours. Les combats se succèdent. Alice Rallier (1) a enquêté dans le « milieu ». « C’est même pas la France d’en bas, c’est celle du sous-sol… Selon un ex-responsable de la Fédération des coqueleurs lui-même, “85 % des gens de ce milieu sont des imbéciles”. Bref, c’est vraiment un truc de beauf ! Tu vois, ce n’est même pas nous qui le disons… » Un truc de beauf, ça me fait penser… Vous avez dit alinéa 7 ?
Luce Lapin
1. Que je remercie chaleureusement pour ses infos. Alice, anciennement à PETA France (interro_liens_callback), vient de rejoindre l’AVF (Association végétarienne de France, www.vegetarisme.fr).
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