Poulets en batterie : la malbouffe...
... c’est pour les pauvres !

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Poulets en batterie : la malbouffe...
Que ne vous informe-t-on ! Nombreux parmi vous s’inquiètent de ces « souches à croissance rapide » et souhaitent plus de précisions quant à leurs conséquences sur la santé des poulets. J’y reviens donc plus en détail. Du fait d’une sélection génétique qui a mis au point des souches d’oiseaux dont la croissance est accélérée, grâce à une alimentation fortement enrichie, les poulets de chair industriels atteignent leur poids d’abattage au bout de quarante jours, soit deux fois plus vite qu’il y a trente ans. Les problèmes de bien-être de ces animaux sont légion. Ils n’ont jamais accès à un parcours extérieur. La litière devient vite exécrable, saturée d’excréments, et dégage une forte odeur d’ammoniac. Leurs muscles grandissent rapidement, mais la structure des pattes, le cœur, les poumons et le squelette ne suivent pas la même croissance. Les pattes fléchissent sous le poids surdimensionné du corps. Des millions d’entre eux souffrent de douloureuses déformations des pattes, voire de paralysies. En moins de six semaines, les fortes densités d’élevage (jusqu’à 24 poulets par mètre carré) provoquent boiteries, ampoules, dermites, brûlures et infections à la poitrine et aux pattes - pathologies liées à la promiscuité. Les poulets boiteux sont parfois incapables d’atteindre les mangeoires et les abreuvoirs. Beaucoup meurent de faim et de soif. Mais on n’est pas à quelques milliers - et même, plus exactement, à quelques millions près : 100 millions, sur les 830 « élevés » en France chaque année, ne supportent pas un tel traitement et succombent avant d’être abattus.
... c’est pour les pauvres !
Ne vous laissez pas traiter en « pauvres » ! Si vous continuez à consommer du poulet, achetez bio ou Label rouge. Même si vous en mangez moins du fait de son prix plus élevé, vous obtiendrez au moins de la qualité et refuserez en outre d’être complices de ces élevages intensifs. Élevés en liberté, les poulets fermiers atteignent leur poids d’abattage en quatre-vingt un jours, c’est-à-dire deux fois plus longtemps que ne mettent les poulets industriels à atteindre le leur. Car, on l’a vu la semaine dernière, ce n’est pas la « Directive poulets de chair » adoptée en mai dernier qui va améliorer leur sort, ni vous rassurer sur ce qu’on vous fait avaler. Ils continueront (ad vitam aeternam ?) à être entassés par dizaines de milliers dans des hangars, malades d’infections et de paralysies en tout genre, mais, miracle du marché, garantissant ainsi au consommateur un « poulet-barquette-souffrance » à bas prix dont la vie, celle d’un oiseau de rien du tout, de milliers, de millions d’oiseaux de rien du tout, dont cette vie, elle, en revanche, n’aura rien valu.
PMAF, Protection mondiale des animaux de ferme, tél. : 03 87 36 46 05, site : http://www.pmaf.org
Luce Lapin
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