Animauzine, militer pour les animaux
29 avril 2008
Par SAHURA
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"La passion selon Mehdi" : tel maître, tel valet.

Ignorant les nombreux courriers et messages d’indignation des citoyens et des associations de protection animale, ARTE a maintenu la programmation, le 27 avril 2008, d’un documentaire de Bernard GEORGES consacré à "Mehdi SAVALLI, le nouvel enfant prodigue de la tauromachie", un jeune homme de vingt ans, issu d’un quartier difficile d’Arles. Son mentor n’est autre que l’ancien matador Paquito LEAL.

Les grossiers clichés de ce pitoyable documentaire étant prévisibles, nous avons surmonté tant bien que mal notre profond dégoût afin de regarder ledit programme dans son intégralité. Le résultat fût à la hauteur de nos craintes car sous le couvert d’une écoeurante mixture, prétendument journalistique, nous resservant inlassablement les fallacieux alibis de l’art, de l’esthétisme, du courage, du terrifiant taureau, de la tradition et de l’exigence du public des arènes, nous avons assisté à une insupportable incitation à la violence et à la torture.

Mehdi SAVALLI prétend vouer une véritable passion aux taureaux. Au fur et à mesure du documentaire, se font ressentir l’incohérence et la confusion d’esprit de ce torero, élevé depuis son plus jeune âge dans le culte de la barbarie. Entre autres aberrations, le jeune homme forme le voeux de pouvoir un jour domestiquer un taureau, tel un animal de compagnie afin, dit-il, de le caresser... Que de tendresse, et pourtant, lors de ses entraînements, le visage déformé du jeune Mehdi ne laisse aucun doute quant à l’intensité du plaisir ressenti par ce tortionnaire, à l’idée des supplices infligés à sa future victime.

Au-delà de la révolte, teintée de nausée, que nous inspirent ce torero ainsi que l’indécrotable clique tauromachique dans son ensemble, le comportement douteux de certains médias nous apparaît hautement condamnable. La chaîne ARTE, qui rappelons-le, est subventionnée par l’argent des contribuables, se vautre honteusement dans l’apologie de la corrida tout en dénonçant, quelques semaines plus tôt, le scandale des OGM à travers un passionant documentaire "Le monde selon MOSENTO"... La capacité d’ARTE de s’acheter une bonne conscience en jouant à la fois les redresseurs de torts et en soutenant des pratiques sadiques d’un autre âge, nous apparaît d’une extrême inélégance, nous rappelant ces gens ayant la fâcheuse habitude de s’inonder de parfums capiteux du matin au soir, afin de camoufler sans y parvenir, de malodorants relents corporels.

Samuel DOUHAIRE, critique de TELERAMA, n’est pas en reste : il évoque, dans un article du 28 avril 2008, un "documentaire émouvant" ainsi que "la puissance d’un rapport fusionnel, quasi filial" entre le jeune et le vieux torero, ou encore "le beau jeune homme affronte en pleine lumière des taureaux terrifiants"... et il conclue par l’évocation "d’images qui ont la grâce". Nous y voilà, tout y est : un style outrageusement pompeux au service d’une macabre complaisance. Le taureau, c’est-à-dire celui qui va être supplicié sans avoir la chance d’échapper à ses tortionnaires, est affublé du qualificatif de "terrifiant" tandis que le tueur décérébré en collant pailleté est porté aux nues. De qui se moque-t-on ?

Laurence VALDES, critique des ACTUS TV du NOUVEL OBS, semble être dotée d’un peu plus de retenue quant à son enthousiasme. Son article s’apparente pourtant plus ou moins à une publicité pour la corrida. Elle cite notamment les prétentieuses justifications du réalisateur, à savoir : "C’est essentiellement une histoire universelle sur la transmission" ou bien "Le torero fabrique un poème avec le chaos" ou encore "à chaque fois qu’on fait un film sur le sujet, on est confronté à des gens virulents, des bien-pensants qui veulent qu’on vive tous de la même façon". Est-ce bien nécessaire de commenter de telles fadaises ? En ce qui nous concerne, ce pseudo réalisateur peut bien vivre de la façon qui lui convienne, une pastèque en équilibre sur la tête en dansant la salsa, une clochette accrochée à chaque doigt de pied, au milieu du désert, tant qu’il ne s’agit pas de perpétrer des actes de cruautés envers d’innocentes victimes !

A quand un documentaire complaisant sur le parcours de Michel FOURNIRET, tortionnaire de nombreuses fillettes, violées puis massacrées au nom de son bon plaisir, au nom de l’idée qu’il se fait de la beauté virginale, de sa vision de l’art, au nom de son sadisme, qu’il a longtemps pratiqué en toute impunité, même si ce fut sans un "habit de lumière". Cet homme a été un mentor pour Monique OLIVIER, sa conjointe, qu’il a su former aux pires horreurs ! Nous nous réjouissons à l’idée que des gens bien-pensants aient pu mettre fin aux activités de ce monstre et que celui-ci soit définitivement mis hors d’état de nuire.

Que peut-on attendre de l’honnêteté des médias et de la justice quand l’on sait qu’une certaine ministre de l’actuel gouvernement est fervente amatrice de corridas ? Fort heureusement, les défenseurs des droits à vivre, dont nous sommes, sont de plus en plus nombreux alors que dans le même temps la population des arênes se fait vieillissante, insignifiante, d’un nombre fondant comme neige au soleil, contrairement à ce que laisse entendre et paraître le documentaire de Bernard GEORGES.

SAHURA et ses amis.

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