Par Alain Camisuli délégué du Comité F.L.A.C Marseille
Attention ! Les jeux taurins (avec vachettes ou taurillons) peuvent servir pour les tauromaniaques, à établir une prétendue "tradition taurine" : le but est de préparer l’introduction de la corrida, celle-ci ayant alors, selon une interprétation juridique laxiste, plus de chance d’échapper au Code Pénal qui la condamne (article 521-1)http://www.flac-anticorrida.org/LIE... A Marseille, ces velléités ont toujours rencontré l’opposition de la majorité des citoyens mais il nous faut rester vigilants : n’oublions pas le contexte actuel qui a permis le retour de cette pratique barbare dans l’Aude, à Carcassonne après 50 ans d’absence. ! Ainsi que son retour aux alentours de Toulouse, Bordeaux, etc... Des petites villes où pré-existe la course camarguaise sont aussi menacées : Fos-sur-mer, Pernes-les-Fontaines (84), etc... Attention ! Un effet moins hypothétique mais bien réel : Initier un public jeune à la confrontation avec le "toro". "Toro-piscine", "toro-ball", course camarguaise : c’est toujours se mesurer, être téméraire face à la dangerosité d’un animal que l’on contraint à être partenaire de jeu... ou de combat avec mise à mort ! Le terme de "toro" est révélateur : derrière la vachette et ces jeux qui semblent innocents, se profilent le "toro bravo" de la tauromachie espagnole et ses tortionnaires en alibi de lumière. Il ne s’agit pas de former des futurs toreros mais de préparer chez les jeunes, l’indulgence voire la passion pour la corrida. Il suffit de nier ou de relativiser la souffrance de la bête (" vous mangez bien de la viande.. ", etc..), de cultiver tous les mensonges et représentations anthropocentriques qui font de "bons" aficionados. Attention ! Le monde de la bouvine n’a jamais exprimé une réprobation de la corrida. Au contraire, dans les faits, il en est complice :
Lors des ferias, abrivados (où les attrapaïres sont souvent adolescents), bandidos et encierros côtoient la corrida. Plus grave : la FFCC (Fédération Française de la Course Camarguaise) s’associe pleinement, désormais, à des manifestations où toutes les tauromachies (camarguaise, landaise et corrida) sont réunies et valorisées. En Arles, par exemple : Depuis avril 2000 : salon du toro ; espace toro 10 septembre 2004 : ouverture officielle de la Feria des Prémices du Riz par une course camarguaise. Plus évidente est la complicité en dehors même du contexte festif. Quelques exemples parmi d’autres :
Noves, depuis juillet 2002 : la FFCC est coresponsable de l’introduction de la corrida (au format réduit d’une "becerrada" sans mise à mort) dans ce village où jusqu’alors seule la camarguaise était présente (logo parrainage de la FFCC sur les affiches co-éditées avec le Club Taurin Paul Ricard local.) Istres, octobre 2003 et 2004 : le Toro-club (président Eric Coquel) qui a pour objet les courses camarguaises est présent officiellement à la "Journée de l’Aficion" pour la promotion de la corrida. Autres complices dans cette journée annuelle gratuite et largement subventionnée (ville, département, région) : les groupes de danses sévillanes et provençales, la chorale provençale. " Mais pour être forte et se perpétuer la passion pour l’art tauromachique doit pouvoir se transmettre et toucher de nouveaux publics. " (Michel Caillat, maire d’Istres, Conseiller régional.) Tarascon, 26 avril 2003 : une conférence tauromachique réunit à la même tribune des représentants des abattoirs Alazar et Roux, des élevages des taureaux de corrida et....de la FFCC. La "Feria de France" http://www.flac-anticorrida.org/arc...au Stade de France près de Paris, était programmée pour juin 2002 : "le but serait de proposer différents spectacles "hispanisants" avec des démonstrations de corrida par les meilleurs toreros qui feraient simplement des passes (...), démonstration de corrida à cheval, course landaise, course camarguaise, spectacle de Flamenco et spectacle à cheval (..)" (Jean-Christophe Giletta, directeur des grands événements du Stade de France, mai 2001) Devant la réaction énergique de nombreuses associations, le projet fut abandonné. Marseille, printemps 1999 : la "Grande Feria du Cheval et du Taureau" fut interdite par le maire sous la pression des anticorridas (coordonnée par le comité F.L.A.C.) Dans leurs protestations, les organisateurs (à savoir les associations Arte y Toros et Latinissimo-Fiesta des Suds) occultèrent les démonstrations de corrida ibérique ou à cheval et invoquèrent la tradition camarguaise car une course camarguaise était au programme de ce montage pernicieux ! Attention ! Les anticorridas font bien la différence intrinsèque entre course camarguaise et corrida. Or la FFCC est reconnue par le Ministère de la Jeunesse et des Sports et bénéficie de subventions. Nous refusons qu’une partie de cet argent public serve à la banalisation et à la promotion de la corrida. Attention ! S’agissant des jeux taurins, il n’est pas rare qu’ils incluent des simulacres de "faenas" : les animateurs félicitent alors les jeunes participants (garçons surtout) comme "Graine de toreros" et la presse régionale a déjà repris ces compliments de façon positive, sans éclairer les lecteurs sur ce travail d’influence pernicieuse. A noter qu’ici où là, comme à Fréjus, les toro-piscines sont inscrits aux programmes imprimés des corridas qu’ils accompagnent : comme partout, mais plus encore dans cette ville très au sud-est, la corrida a un besoin vital d’élargir et de rajeunir son public très restreint. Il faut savoir surtout que les organisateurs sont souvent, comme à Septèmes-les-Vallons ou Cabriès, les clubs taurins Paul Ricard dont le but est de promouvoir toutes les tauromachies ; et l’argent ne manque pas pour cela, il coule...comme du Ricard. que des adolescents peuvent y être blessés grièvement : ce fut le cas à Septèmes, à la St-Anne en juillet 2002. Attention ! Les jeux taurins de la St-Michel sont animés par le club taurin arlésien lou Fourmigo : plusieurs de ses membres étaient en tout cas organisateurs en 2003. Ces tauromaniaques organisent régulièrement, selon la "cible" visée, d’une part des animations burlesques en clowns-toreros, et, d’autre part, en liaison avec les écoles tauromachiques de la région, de véritables "becerradas" et "novilladas" sans mise à mort, à la Monumental de Gimeaux (petite arène privée en Camargue.) Nous sommes par ailleurs sensibles aux problèmes de la Camargue mais nous dénonçons l’imbrication culturelle et économique de la bouvine et de la corrida, imbrication qui à terme, est une erreur pour les Camarguais eux-mêmes.
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