Animauzine, militer pour les animaux
10 février 2008
Par SAHURA
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Fourreurs = Menteurs

S’il est vrai que l’industrie de la fourrure rime avec torture, nul qualificatif ne convient mieux aux fourreurs que celui de menteurs.

A l’occasion de la journée sans fourrure qui fut organisée le 12 janvier 2008 par FOURRURE TORTURE, les auditeurs de FRANCE INFO ont pu entendre une chronique de Nathalie FRONTEL, journaliste spécialiste des questions environnementales, interviewer Olivier RAFIN, un des représentants de FOURRURE TORTURE. Celui-ci décrit, de façon concise et efficace, l’enfer subi par les animaux élevés pour leur fourrure, qu’il s’agisse des conditions d’enfermement ou des pratiques d’abattage dont l’horreur, en Asie notamment, dépasse l’entendement. Il n’est pas rare que chiens, chats, renards, ratons laveurs ou lapins soient dépecés alors qu’ils sont pleinement conscients... et l’on peut retrouver leur dépouilles sur des écharpes, cols de capuches, gants, bottes, vestes, manteaux dans nos boutiques ou supermarchés.

Nathalie FRONTEL propose un droit de réponse aux fourreurs à travers une interview de Paul BEVIERE, Président des Profesionnels de la Fourrure. Le ton est immédiatement donné : "Faux !", répondent les professionnels. On peut s’étonner que le déni verbal sans l’once d’un début de preuve soit devenu la spécificité de cette répugnante profession alors que les associations, dénonçant les pratiques encore méconnues de l’industrie de la fourrure, prennent un soin particulier à étayer systématiquement leurs accusations de preuves irréfutables, vérifiables et vérifiées. On ne compte plus les documents à charge dont l’authenticité ne peut être mise en doute (photos, vidéos, témoignages, conférences, rapports de commission, etc.). Les conclusions sont sans appel : tous les ans, les animaux à fourrure sont suppliciés par dizaines de millions dans le monde et les fourreurs, commanditaires de cette barbarie sans nom, sont parfaitement informés de ces horreurs jusque dans les moindres détails. Qu’ils prétendent s’en défendre par des démentis destinés à minimiser leur implication ne change rien à l’affaire : leurs crimes sont aujourd’hui avérés.

Lors de l’interview, Paul BEVIERE évoque l’électrocution anale, méthode d’abattage pratiquée, notamment, sur les renards. Ses propos relèvent de l’extravagance. Il affirme : "Les méthodes d’abattage peuvent choquer mais c’est sans douleur". Rappelons à ce personnage la définition du mot "douleur" telle que précisée dans le dictionnaire : "sensation pénible en un point du corps". L’électrocution anale, consistant à griller vif un être vivant, n’impliquerait, selon Monsieur BEVIERE, aucune sensation pénible. Cette pratique terriblement cruelle est pourtant dénoncée depuis fort longtemps par les associations de protection animale, rapports à l’appui.

Paul BEVIERE nous indique : "On électrocute l’animal en lui présentant une électrode dans la gueule alors qu’on lui en a mis une autre dans l’anus. Evidemment, ça scandalise les gens mais lorsqu’on élève un renard, on l’examine, on prend sa température, on regarde son poil... Il a l’habitude d’être manipulé. Il n’aime pas ça mais il a l’habitude et sa pudeur ne souffre pas de ce qu’on lui met une électrode dans l’anus."

Nous passerons outre l’évidente incapacité de ce représentant de toute une profession à s’exprimer dans un français à peu près construit et si le sujet n’était pas d’une telle gravité, les pathétiques pérégrinations verbales de Paul BEVIERE prêteraient à rire ! L’expression "ça scandalise les gens" est quelque peu légère voire parfaitement inappropriée. Les émotions inspirées par les fourreurs et leur odieux trafic relèvent plus précisemment de l’indignation, de la révolte, de la fureur, de la rage, de la répulsion, du dégoût, de l’aversion, de la répugnance, de la nausée et de l’exécration, la liste étant loin d’être exhaustive ! La mauvaise foi et la bêtise de Monsieur BEVIERE semblent avoir atteint leur paroxysme lorsque celui-ci associe une pratique d’abattage d’une grande cruauté à un simple souci de pudeur, qu’il prend le soin de balayer d’un revers de main. Les propos mensongers et l’aptitude à la désinformation de Paul BEVIERE feraient-ils long feu si ce dernier devait subir une électrocution anale ? A supposer que l’introduction d’un corps étranger dans une partie de son anatomie puisse lui apporter une certaine forme de bien être... resterait-il aussi serein, quant à sa pudeur restée intacte, lorsque le courant mortel commencerait à lui déchirer les entrailles ?

Paul BEVIERE affirme encore : "Ce n’est pas parce que NATURE ET FOURRURE va manifester que ça fait baisser le chiffre d’affaires. Ce ne sont pas les manifestations qui gênent les ventes, c’est la météo".

Nous ne saurions trop conseiller à Monsieur BEVIERE, par souci de crédibilité, d’étudier son sujet avant d’avoir l’outrecuidance d’être interviewé par une radio telle que FRANCE INFO. En effet, l’association dont il est question est la bien nommée FOURRURE TORTURE et non NATURE ET FOURRURE. La négation des actes de barbarie perpétrés sur les animaux est telle que l’évocation du mot "torture" semble être prohibée par les fourreurs ! Quant à la météo, celle-ci n’est pas la cause des chiffres d’affaires de la fourrrure. Les responsables sont l’absence de conscience, d’éthique, de scrupule, la désinformation systématique, le tout permettant à toute une profession d’engranger, en toute impunité, de monstrueux profits par le massacre d’êtres vivants innocents.

Rappelons quelques chiffres : pour fabriquer un manteau de fourrure, il faut 60 visons ou 20 renards ou 15 castors ou 24 chats ou 200 chinchillas ou 40 lapins... mais rien ne serait possible sans :

- la participation active de consommatrices aveuglées et désinformées,

- l’irresponsabilité criminelle de créateurs de mode imbéciles et meurtriers,

- le coupable silence de l’ensemble des médias devenus sourds, muets et aveugles face à la détresse animale,

- la complicité flagrante de nos dirigeants avec les lobbies industriels en tous genres, celui de la fourrure ne dérogeant pas à la règle.

L’industrie de la fourrure est un empire construit sur le mensonge et la négation de la souffrance. Cette organisation attire, tel un aimant, tout ce que l’humanité compte de malhonnêteté et de perversion. Ses pratiques aux dérives mafieuses se sont propagées à de nombreux échelons de la société. Seuls grains de sable permettant d’enrayer cette machine infernale : les militants de la protection animale, chaque jour un peu plus nombreux dans le monde. La gêne qu’ils occasionnent, individuellement ou collectivement, explique la diabolisation systématique de leurs propos et de leurs actions par ceux qui n’ont aucun intérêt à ce que soit soulevé le voile d’opacité encadrant leurs détestables activités. Peine perdue : un vent de révolte s’est levé, que rien ni personne ne pourra arrêter. Les militants se regroupent, les associations se fédèrent, des responsables politiques commencent à les rejoignent, et nous n’en sommes qu’aux premiers balbutiements d’une ère nouvelle.

SAHURA

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