A l’attention de Messieurs : Hilaire de Crémiers, directeur de la publication. Christian Wagner, directeur de la rédaction. Benoît Gousseau, rédacteur en chef. jrap AATT politiquemagazine POUAINT fr Agde, le 26 janvier 2006
Messieurs, Dans la présentation de POLITIQUE MAGAZINE il est dit qu’il s’agit là d’un " magazine d’information et de réflexion qui affiche résolument la franchise de ton " et " n’est dépendant d’aucune mode ". Quid de l’article publié dans le n° 32 pp 44 à 47 ?
Il semblerait que non seulement vous sacrifiez à la mode tauromachique ambiante mais qu’en outre vous en fassiez l’apologie. Eussiez-vous été véritablement libres de ton que vous eussiez ouvertement dit en quoi consiste exactement la corrida, cette pratique pour le moins sanguinaire. A l’inverse, Brono-Stéphane Chambon retombe dans les poncifs du type : " la corrida est un art codifié où l’élégance et le courage prévalent sur la brutalité sauvage " (sous-entendu le courage de l’homme et la brutalité de la bête évidemment !). Mais celui qui a réellement assisté à une corrida et vu l’exécution qui s’y déroule en vase clos ne peut décemment prétendre qu’une telle exhibition soit le moins du monde " artistique " ! A moins d’avoir à ce point été ébloui par un soleil qui, au solstice d’été, tape fort dans les arènes de France et de Navarre ! C’est d’ailleurs ce que nous sommes enclins à penser au vu de la conclusion du chroniqueur : " Nous nous souvenons, pour en avoir été le témoin ébloui de la faena de 2004 qui vit Javier Conde, les pieds enracinés dans le sable de l’arène et la tête tendue vers le firmament, célébrer une messe tauromachique où l’affrontement du taureau et de l’homme n’était qu’une scène d’amour dont les oscillations de muleta et les coups de corne claquaient comme des baisers ". Travestir à ce point une réalité tellement plus prosaïque relève de la désinformation. Comme cette interprétation très fantaisiste des origines de la corrida établissant sans l’ombre d’une hésitation une filiation avec la préhistoire au vu de la représentation des aurochs dans l’art pariétal, ce qu’aucun historien sérieux n’a jamais pu démontrer. Et quand bien même tel serait le cas, ça ne conférerait en rien à la corrida la moindre lettre de noblesse. La longévité d’une pratique brutale ne la rend pas moins brutale pour autant !
Quant à l’évocation très succincte et un tantinet narquoise de l’opposition à la corrida, elle montre bien, si besoin en était, de quel côté se situe d’emblée le narrateur qui précise : " Gageons que les amoureux du pays (NDLR : basque) avec leur fierté de montagnards pyrénéens, sauront défendre leur héritage " en réaction à la députée Muriel Marland-Militello qualifiée de " député en mal de cause à défendre " dans la mesure où elle a fait une proposition visant à modifier la loi dans le sens d’une abolition de la corrida. Ce que ne goûte pas vraiment son collègue à l’Assemblée Nationale, un certain Jean Grenet député-maire de la ville de Bayonne et par ailleurs président du groupe d’étude sur la tauromachie, toujours à l’Assemblée Nationale. Nous dirons enfin que nombreux sont nos adhérents qui ont réagi à l’article en question, scandalisés par la façon dont une nouvelle fois la corrida était encensée. Nous ajouterons que votre publication eût été " audacieuse et innovante " (selon vos propres termes) si elle avait osé écrire que la corrida qui consiste à soustraire un être vivant sensible (en l’occurrence le taureau) à son environnement naturel favorable, pour le placer dans des conditions artificielles telles qu’il ne puisse rien faire d’autre que d’y subir le bon vouloir de ses tortionnaires, est la pire des lâchetés.
Espérant qu’il vous soit enfin donné d’avoir une approche un peu plus objective du phénomène corrida, veuillez agréer, Messieurs, l’expression de nos sentiments particulièrement circonspects.
Pour la F.L.A.C La Présidente Josyane QUERELLE
Accueil . ACTIONS . RESERVOIR . MILITANTS et SITES WEB . Thèmes . Agenda
Newsletter . Plan du site . Contact . FAQ