Vous êtes au volant de votre voiture et vous circulez sur une route de France dans la paisible forêt de la vallée de Chevreuse quand vous apercevez ce panneau : « Attention, traversée de kangourous » ! Immédiatement vous concluez au gag.
Et bien vous avez tort et vous avez tout intérêt à ralentir et à ouvrir grand les yeux si vous ne voulez pas risquer une collision avec l’un de ces gentils marsupiaux (l’accident s’est déjà produit).
Mais d’où viennent ils ces kangourous qui ont élu domicile dans la forêt de Rambouillet ?
Et bien une anecdote raconte qu’ils seraient les descendants d’une femelle rapportée d’Australie en l’an 1789 par le capitaine Cook, sujet britannique.
Sauf que le capitaine Cook n’a pas ramené cette femelle kangourou en Angleterre comme il en avait très certainement l’intention mais en France pour en faire cadeau au roi Louis XVI, obéissant ainsi aux ordres de la Couronne Britannique (qui souhaitait peut-être, avec ce présent original, accréditer la légende à propos de l’humour anglais ?).
Et c’est là que les choses se compliquent car lorsque le capitaine Cook a voulu offrir son présent au roi Louis XVI, ce dernier était parti pique-niquer dans les environs de Varenne avec femme, enfants, et amis et tout un chacun connaît la suite de l’histoire qui concerne ces derniers mais personne ne sait ce qu’il est advenu de la femelle kangourou.
La réalité, plus prosaïque, c’est que ces adorables marsupiaux sont beaucoup plus certainement les descendants de pensionnaires échappés il y a une trentaine d’année du parc Sauvage à Emancé, entre les villes de Rambouillet (Yvelines) et d’Epernon (Eure et Loir). Un parc qui, outre des kangourous, abrite toute une faune zoologique comme des cerfs, des oryx, des grues, de superbes aras,…
La forêt environnante s’est montrée accueillante pour ces petits animaux exotiques et leur a offert le couvert et le vivre avec ses bourgeons et ses feuilles qui constitue leur nourriture. Et les kangourous, de la race des wallabys gris de 70 à 80 centimètres se sont plus dans l’accueillante forêt et ont proliféré.
La Ficevy (Fédération Interdépartementale des Chasseurs de l’Essonne, du Val d’Oise, et des Yvelines) estime leur nombre actuel à une cinquantaine.
Le malheur pour nos hôtes franciliens, c’est qu’ils ne sont pas considérés comme faisant partie d’une espèce à protéger et qu’aucun texte de loi n’interdit de les chasser.
Je sais qu’il n’est pas beau de « cafter » mais je ne peux m’empêcher de rapporter que l’ex président de la république, Monsieur Valéry Giscard d’Estaing, ne s’est d’ailleurs pas privé de ce plaisir qui a profité de ce vide juridique pour convier ses amis à des parties de chasse exotiques sur les terres du présidentiel domaine de Rambouillet.
Mais où était donc Madame Brigitte Bardot, entre l’automne 1974 et le printemps 1981, pendant que se perpétraient ces forfaits ?
Et, plus sérieusement, représentent ils donc un danger pour l’environnement, nos petits kangourous franciliens de la Vallée de Chevreuse, pour que les associations de défense des animaux n’aient pas demandé que soit promulguée une loi destinée à les protéger ?
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