Dimanche dernier 28 septembre 2003, lors de la manifestation appelée capea, au « Taureau d’ô » , manifestation qui s’est déroulée au Château d’ô à Montpellier, et qui était une démonstration des élèves de l’école tauromachique d’Arles, entendez une simulation de corrida, ou « travail à la cape », qui, comme chacun sait, hors d’une zone de « tradition locale ininterrompue » (comme c’est le cas à Montpellier), doit se dérouler sans « sévices graves et actes de cruauté » (article 521-1 du Code pénal), le contrevenant s’exposant en cas de non respect de cette loi à une peine de 2 ans d’emprisonnement et à 30.000 € d’amende.
Lors de cette « démonstration », l’un des « apprentis-matadors » en piste, se tenant "courageusement" derrière la barrière en bois, agitait sa cape contre cette barrière pour que l’animal s’y tape la tête, et cela pendant plusieurs minutes… jusqu’à ce que la vachette se blesse ; le sang coulait sur le sable de la piste, sa corne étant ouverte sur plusieurs centimètres, et la chair à l’intérieur de la corne étant « sortie » de celle-ci (je possède la preuve filmée de l’état de la corne…). L’animal se secouait d’ailleurs frénétiquement la tête, ce qui prouve, si besoin en était, qu’elle ressentait bien la douleur… S’agissant là d’une maltraitance caractérisée, et en tant qu’administratrice et enquêtrice de la SPA de Montpellier, je suis allée voir l’organisateur du « spectacle », pour lui demander de faire venir un vétérinaire. Il m’a répondu ironiquement qu’il était libres de faire ce qu’ils voulaient des taureaux, me traitant par ailleurs plus bas que terre, alors que ce que je demandais n’était rien d’autre que faire examiner l’animal blessé. Un homme charmant en somme, qui, par ailleurs, a refusé de me donner son nom… Aurait-il quelque chose à se reprocher ? ?… J’ai vu ensuite l’employé de la manade jeter de la sciure dans le camion où ils avaient fait rentrer la vachette, sans doute pour éponger le sang qu’elle perdait , puis, pour faire sortir le veau suivant (du même camion), s’acharner sur les animaux (dont la vachette déjà citée) du haut du camion avec un trident au long manche, scène que j’ai également filmée, et les images sont ici sans équivoque… S’il s’était agi d’un autre animal qu’une vachette, tout le monde aurait réagi à ces sévices graves infligés à un animal enfermé et donc sans défense, et qui plus est déjà blessé. Il semblerait donc se confirmer qu’en France, tout le monde ou presque (y compris la police qui a refusé de se déplacer lorsque je l’ai appelée), pense que le seul animal qui peut être maltraité, blessé, sans être soigné suite à ses blessures est le taureau (en l’occurrence ici une vachette). C’est effectivement et malheureusement le cas dans les zones dites de « tradition locale ininterrompue », mais à Montpellier, cela n’a pas lieu d’être. Lors de ce spectacle pitoyable, un jeune veau (le deuxième animal en piste), jugé un peu trop agité par le « coach » des futurs tortionnaires (faut-il rappeler que ces adolescents s’entraînent toute l’année à tuer sur de jeunes bovins ?), a été rentré dans le camion au bout d’une minute à peine après avoir failli renverser le second « élève ». Le « professeur » furieux s’est mis à hurler : « Qu’est-ce que c’est que ça ? Vous voulez que les jeunes soient blessés ou quoi ? », ce à quoi l’employé de la manade Margé (qui avait « fourni » les animaux) a répondu énervé « On ne peut pas amener que du bétail mort, quand même ! ! ! »… Il est vrai que les première et troisième vachettes étaient d’une maigreur pathétique...
Dès cette semaine, j’ai saisi le Procureur de la République pour lui exposer les faits et lui demander de faire tout simplement appliquer la loi.
A Montpellier, les « sévices graves et actes de cruauté » envers les taureaux sont fort heureusement interdits par la loi…
Quoi qu’il arrive à présent, ce n’est pas avec des « spectacles » pareils que le Conseil Général réussira à attirer plus des 58 personnes présentes dimanche 28 septembre dans l’amphithéâtre d’Ô (dont au moins 10 employés du Conseil Général… ) ! Et pourtant la « démonstration » était gratuite… enfin, pour les spectateurs… mais sûrement pas pour le contribuable héraultais !
Delphine SIMON.
Post Scriptum
Accueil . ACTIONS . RESERVOIR . MILITANTS et SITES WEB . Thèmes . Agenda
Newsletter . Plan du site . Contact . FAQ