Animauzine, militer pour les animaux
11 octobre 2007
Par Animauzine Seb
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5 vaches à adopter

Vaches sans terre...

11 octobre 07 : Bonnes nouvelles ! Une solution a été trouvée. Les vaches vont couler des jours paisibles dans l’Allier en Auvergne.

Je transfère un appel à adoption pour 5 vaches. Le transport pourrait être pris en charge financièrement. Merci de me contacter pour toutes pistes... seb

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Bonjour Luce, Je me permets de m’adresser à vous dans l’espoir que vous m’aiderez -d’une manière ou d’une autre- à trouver une solution à l’épineux problème qui est le mien et que je vais tenter de vous résumer ! En mai dernier, je recevais un courriel m’informant du désir d’un individu de placer ses cinq vaches « afin de leur assurer une vie tranquille » ! Intrigué par l’annonce, j’y ai répondu afin d’en savoir plus ! Sandro -c’est le prénom de ce propriétaire quelque peu singulier- m’a répondu très longuement pour m’expliquer de quelle manière il en est arrivé à se trouver à la tête d’une petite troupe de cinq vaches dont, un peu naïvement certes, il espérait vivre et, surtout, pourquoi aujourd’hui, il doit se résoudre à se séparer de ses cinq compagnes ! Voici donc la copie de son premier courriel :

« Bonjour, j’ai 5 vaches depuis une dizaine d’années sans être agriculteur ni même propriétaire d’aucun terrain. J’ai au départ recueilli 2 vaches qui étaient condamnées à l’abattoir, je viens d’une zone de montagne où de nombreux terrains sont à l’abandon et j’ai pu depuis toutes ces années me faire prêter des terres pour y faire pâturer mes animaux. Tout s’est bien passé pendant pas mal de temps, mes vaches ont fait des petits et j’en ai 5 aujourd’hui. J’ai changé de région et je suis aujourd’hui dans une situation difficile : le terrain qu’on me prête va être vendu et je ne trouve pas d’autre lieu. Comme je n’exploite pas mes animaux je travaille à coté et je ne m’en sort plus. Je souhaite donc placer mes vaches dans un endroit où elles pourraient continuer à vivre tranquillement. Ce sont des animaux gentils, rustiques et en pleine forme. Elles valorisent très bien les pâtures pauvres et sont habituées aux terrains accidentés, elles respectent parfaitement les clôtures électriques. Je suis conscient qu’il n’est pas facile de placer de gros animaux et peut-être vous ne pouvez pas directement m’aider, mais si vous connaissez un lieu qui pourrait accueillir mes animaux, même séparés, vous m’aideriez à trouver une fin heureuse à mon problème... j’aime mes vaches et ne veux pas les faire tuer ou les vendre à n’importe qui, mais je ne peux plus les assumer. Je suis donc prêt à les donner si je trouve un lieu où elles seront bien... »

Désireux d’en savoir davantage sur ses motivations, je questionnais donc à nouveau Sandro et voici sa réponse :

« Au départ, Bendola et sa mère Griva étaient dans un petit hameau de montagne, mais pour plusieurs raisons les gens qui s’en occupaient voulaient s’en séparer... Elles étaient traites matin et soir, et des fromages étaient fabriqués sans but commercial, juste pour la consommation du hameau. J’aime les vaches depuis que je suis gamin et comme les gens du hameau ne voulaient plus s’en occuper et cherchaient une solution, j’y suis d’abord allé pour les aider. Ca m’a beaucoup plu, j’avais un bon rapport avec la traite, la transformation du lait en fromages et yaourt, et bien sur avec ces deux vaches surtout. Comme les propriétaires des vaches voulaient s’en séparer de toute façon, et que je me passionnais de plus en plus pour ces animaux, quand ils m’ont annoncé qu’elles allaient partir à l’abattoir j’ai fait des démarches pour me faire prêter des terrains et je les ai recueillies... j’étais tellement passionné que les personnes qui avaient les vaches me les ont donné gratuitement. Au départ j’étais donc dans une démarche agricole, mais très jeune et à l’époque persuadé que je pourrais petit à petit vivre d’un petit cheptel, en restant dans une démarche artisanale de qualité, et respectueuse des animaux et de l’environnement. Griva était déjà âgée et j’ai arrêté de la traire et de la faire saillir, mais Bendola était jeune et j’ai continué avec elle la fabrication de fromages. Je me débrouillais pour la faire saillir, j’ai gardé les femelles et ne pouvant me permettre de garder les fils de mes vaches, j’ai vendu les mâles car c’était ma seule source de revenus avec les quelques fromages que je vendais "au noir". Vu que je travaillais à l’ancienne, quasiment sans aucune machine et pas de structure assez importante pour pouvoir répondre aux normes de plus en plus pointues et onéreuses, ça n’était pas gérable à long terme.... Plein de rêves et d’espoir, j’ai suivi une formation agricole pour pouvoir m’installer dans une vraie ferme et vivre de mon travail, mais au fur et à mesure je me suis rendu compte que l’agriculture moderne est à l’opposé de ma façon de concevoir ce métier. A moins d’être riche, on ne peut pas faire les choses comme on l’entend dans ce domaine : dès qu’on fait appel aux aides et aux emprunts agricoles, on doit rentrer dans le jeu des organismes financiers qui m’ont clairement fait comprendre que mon projet ne les intéressait pas tel qu’il était. C’est un métier assez difficile et je ne pouvais accepter l’idée de devoir le faire à l’encontre de mes convictions, j’ai donc abandonné mon projet. Mais comme j’aime mes bêtes j’ai continué à les garder sans plus les exploiter du tout, et en travaillant à coté... ce qui n’est pas simple à gérer quand on n’a aucun statut agricole, très peu de moyens et qu’on occupe gratuitement des terrains abandonnés. Voila donc mon parcours avec mes animaux... depuis toutes ces années Griva nous a quitté à l’age honorable de 22 ans, Bendola et sa première fille Yuna ne sont maintenant plus très jeunes, et les trois plus jeunes n’ont jamais fait de veau. Donc pour les 5 j’ai le même problème : je ne peux même pas les laisser à un agriculteur en espérant qu’il les garde au moins quelques années, car elles ne sont pas intéressantes pour quelqu’un qui cherche la rentabilité... j’ai passé ces 10 ans à tout donner à mes vaches et même si aujourd’hui je ne peut plus les assumer, j’aimerai vraiment trouver une fin heureuse à cette belle histoire que j’ai vécu avec elles. Voila pourquoi je cherche des associations ou des fermes différentes du schéma classique d’exploitation des animaux, et que je vous ai contacté. »

Depuis lors, je me démène afin d’aider Sandro à trouver une solution idéale pour lui et ses bêtes : notre petit refuge alsacien n’est en effet pas en mesure d’accueillir les cinq bêtes -nous avons du reste tant à faire localement !- et, de toute manière, il y a le problème -très coûteux- du transport vers un autre site... J’ai donc contacté de nombreuses associations dont la majorité n’ont même pas répondue ! L’OABA (Œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs) qui pourtant dispose de quelques « troupeaux du bonheur » et en qui j’avais mis beaucoup d’espoir, vient elle aussi, de se déclarer incapable d’accueillir les vaches de Sandro... J’avais, en désespoir de cause, même contacté certains éleveurs tout en connaissant leurs « méthodes »... Bref, aucune lueur d’espoir à ce jour ! C’est donc vers vous que je me tourne désormais : peut-être que grâce à un appel dans la presse, une solution se présentera ! Seriez-vous prête à y contribuer ?

Dans l’espoir d’une quelconque réponse de votre part, bien cordialement ! Jean-Louis SCHMITT (secrétariat de l’Arche de Noé) http://www.refugenoe.fr

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